Syrie : le Front de gauche reste « vigoureusement opposé » à toute intervention

Posted on 6 septembre 2013

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André Chassaigne, président du groupe des députés du Front de gauche (FG), a répété mercredi 4 septembre être « vigoureusement opposé » à toute intervention en Syrie, même en cas de preuves irréfutables de l’utilisation d’armes chimiques par le régime syrien.

« Une telle intervention serait illégale – car injustifiée et infondée – sur le plan du droit international », a-t-il lancé lors du débat sur la Syrie à l’Assemblée nationale réunie en session extraordinaire.

Et, a-t-il martelé, « une intervention militaire aujourd’hui ne mettrait pas fin à l’escalade de la barbarie » et « risquerait de plonger, un peu plus, la région du Moyen-Orient dans le chaos généralisé ».

« Une intervention militaire n’apportera pas de solution (…) et rendrait au contraire plus difficile une solution politique », avait-il pronostiqué plus tôt devant la presse.

Pour lui, « même s’il existait des preuves irréfutables (de l’utilisation d’armes chimiques par Bachar al-Assad, ndlr), ça ne doit pas mécaniquement justifier une action militaire ».

M. Chassaigne a jugé qu’une action de la France en Syrie sans le mandat des Nations unies serait d’une « extrême gravité » et « ne grandirait pas la France ».

« La France ne doit pas s’inscrire dans une position illégale. On reste très attaché au rôle de l’ONU », a-t-il affirmé, expliquant que « s’aligner derrière les Etats-Unis diminuerait le poids de la France et son importance diplomatique ».

Il a déploré, à la tribune, que « le chef de l’Etat s’entête dans une logique militaire, ignorant la situation d’urgence humanitaire et les options alternatives » et veuille « engager notre pays dans une entreprise aventureuse et illusoire conduite par les Etats-Unis », posture qui « isole notre pays ».

« Quant au peuple de France, il ne veut pas de cette guerre! Ecoutons-le! », s’est-il aussi écrié.

M. Chassaigne a estimé que seule « une solution politique » associant « autour d’une table » tous les acteurs permettrait une sortie de crise.

Il s’est également déclaré en faveur d’un vote du Parlement sur une éventuelle intervention militaire de la France, avant celui du Congrès américain prévu à partir du 9 septembre. « Nous ne sommes pas des marionnettes », a-t-il dit devant la presse. « Barack Obama a, lui-même, demandé le vote du Congrès alors que la Constitution ne l’y obligeait pas », a-t-il relevé lors du débat.

Présent lors de la réunion d’information des parlementaires à Matignon lundi, l’élu communiste s’est dit « dubitatif » sur les preuves présentées par le Premier ministre, prévenant que la même démonstration avait « déjà été faite avec l’Irak en 2003 ».

« Même si nous n’avons aucune confiance en al-Assad : Il est capable, d’ailleurs c’est sans doute lui, d’utiliser des armes chimiques », a-t-il ajouté devant les journalistes.

David Courbet – AFP – 4 septembre 2013

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