Les forces spéciales, troupes d’élites, une priorité de la Défense

Posted on 4 août 2013

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Les forces spéciales, troupes d’élites de l’armée française, se voient renforcées par le projet de loi de programmation militaire (2014-2019) présentée vendredi 2 août en Conseil des ministres, échappant aux nouvelles suppressions d’emploi (23.500).

Avec 1.000 hommes supplémentaires, en effet, leurs moyens sont accrus, après qu’elles ont t montré leur efficacité lors des opérations en Afghanistan, en Libye ou plus récemment au Mali, en termes « de renseignement, d’éclairage aux autorités politiques, d’intervention rapide et de capacité de surprendre », devenant ainsi « une priorité de la loi », selon un conseiller du ministre Jean-Yves Le Drian.

Actuellement ces forces regroupent environ 3.000 hommes surentraînés des trois armées, parachutistes, nageurs de combat, pilotes d’hélicoptères, capables d’intervenir sur tous les théâtres de guerre (terrestre, naval, aérien), ce qui en fait une force redoutable.

Elles ont notamment été décisives dans le déploiement et l’avancée des forces françaises et africaines dans le nord du Mali, ayant, selon l’universitaire Pascal Le Pautremat, « fait l’ouverture du théâtre malien bien avant le début des frappes aériennes françaises », le 11 janvier.

Chaque homme était doté d’un sac de 60 kg, surnommé le « menhir », contenant vivres, fusil de précision, appareil photo-caméra, ordinateur, antenne satellitaire : de quoi tenir plusieurs jours en autonomie totale, dans un trou, pour repérer des cibles.

Les missions de ces forces ont « une finalité stratégique, qu’il s’agisse de la prise d’un pont pour permettre le passage d’une unité mécanisée ou de l’identification d’un objectif, comme un PC ou un dépôt d’armes, qui sera ensuite bombardé », explique Pascal Le Pautremat.

Mais les chefs militaires préviennent: le recrutement des forces spéciales suppose un vivier suffisant, notamment dans l’armée de Terre. Et comme leur savoir-faire est bâti sur le renseignement, cette « clé de l’efficacité opérationnelle », un effort d’investissement a été effectué dans ce domaine.

La LPM, qui fixe le cadre budgétaire des armées sur six ans, prévoit ainsi d’augmenter leur bataillon de 1.000 hommes supplémentaires, de renforcer leurs moyens de transmission, de transport (frégates FREMM, 15 Caracal), de frappes (missiles MMP, sous-marins Barracuda). En outre l’ensemble des Caracal (hélicoptère de transport) seront désormais placés sous leur commandement et regroupés sur un seul site contre deux aujourd’hui (Pau et Cazaux). Sans oublier l’acquisition de 14 drones tactiques et de 12 drones MALE (moyenne altitude, longue endurance) qui permettent de surveiller de vastes zones pendant 24 heures.

Selon M. Le Pautremat, moins d’une dizaine de pays (Etats-Unis, Grande-Bretagne, Russie, Israël, notamment) possèdent des forces spéciales du niveau du contingent français.

David Courbet – AFP – 2 août 2013

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