Filmer autrement le sport pour la « beauté du geste »

Posted on 4 août 2013

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Porter un regard différent et esthétique sur le sport de haut niveau en s’immergeant dans un monde d’athlètes exceptionnels, tel est le but que s’est fixé la série « Sport, la beauté du geste », diffusée chaque dimanche vers 13h sur Arte, du 7 juillet au 1er septembre.

Les réalisateurs de ces épisodes de 26 minutes, où plusieurs sports sont présentés simultanément, adoptent un parti-pris filmique audacieux avec des angles inattendus, au plus près des sportifs. Ils font découvrir l’importance de la concentration, la dureté de l’entraînement et de l’effort à travers des disciplines parfois peu médiatisées.

« Le principe de l’immersion implique de revenir plusieurs fois sur un lieu de tournage. Nous sommes ainsi restés trois jours avec les haltérophiles, une discipline peu connue, et les filles étaient ravies que l’on s’intéresse à elles », explique Paul Ouazan, initiateur de la série et co-responsable de l’atelier de recherche chez Arte France.

A l’instar de cet épisode filmé dans les coulisses du Championnat de France féminin d’haltérophilie, les séquences, ne dépassant pas les quelques minutes, permettent au spectateur de s’immiscer dans les coulisses des épreuves.

Le téléspectateur sera ainsi seul avec un alpiniste, en pleine ascension dans le Massif du Mont Blanc, partageant ses doutes et appréhensions, dans un silence uniquement brisé par ses halètements et le claquement des harnais. 

Une lecture poétique

L’image, qui permet de sublimer chaque sport, frôle parfois la poésie. Le commentaire, pratiquement absent pour permettre une immersion totale dans l’atmosphère du sportif, annonce par exemple la scène d’une gymnaste et son ruban: « entre elle et lui, une entente parfaite, un murmure bleuté, une création de formes éphémères qui invitent à l’imaginaire ».

« Nous voulions filmer le sport différemment, en faire ressortir ses beaux gestes en offrant une lecture plus poétique et humaine », souligne Paul Ouazan qui souhaite « faire évoluer, au moyen du sport, notre image télévisuelle ».

Quelques séquences s’intéressent à l’avant-épreuve, comme ce portrait d’un agent technique de l’Institut national du sport, de l’expertise et de la performance (INSEP), à Paris, qui contribue à la performance des cyclistes sur piste de haut niveau.

Certaines images peinent cependant à faire revivre des scènes devenues mythiques, comme la course de l’homme le plus rapide de l’histoire, le Jamaïcain Usain Bolt, lors de son 100 mètres victorieux aux derniers Jeux olympiques de Londres. Une suite de photos fixes ne reflètent pas l’intensité de l’exploit et du fabuleux chrono de 9 sec 63/100e.

S’il arrive que le choix de l’esthétisme prenne le pas sur la discipline, les efforts pour saisir la  « beauté du geste », autrement dit le geste parfait, ne laissent toutefois personne indifférent et rallient de manière originale amateurs d’art et de sport.

David Courbet – AFP – 6 juillet 2013

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Posted in: AFP, Culture, Sport