Steven Lecefel, 1600 km par semaine pour jouer en D2 galloise

Posted on 18 avril 2013

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Inconnu du public français, Steven Lecefel enflamme chaque week-end la deuxième division galloise de football avec son club de Rhyl, tout en continuant à habiter auprès de sa famille, à Guyancourt (Yvelines), où il s’entraîne la semaine.

Ce gaillard athlétique de 26 ans qui occupe le poste d’ailier gauche est une curiosité médiatique outre-Manche, à tel point que la BBC a récemment consacré un reportage sur « ce Français qui paye de sa propre poche l’aller-retour de 1.000 miles (1609 km) » hebdomadaire entre sa banlieue parisienne et la station balnéaire de la côte nord du pays de Galles comptant moins de 25.000 âmes.

« Ce que je fais n’est pas banal, mais j’ai la confiance de l’entraîneur, confirme l’attaquant qui a déjà sa page Wikipedia, en anglais seulement. En signant mon contrat en août, je lui ai demandé s’il acceptait que je continue à vivre en France. Il a dit oui… à condition que les trajets soient à mes propres frais et que je continue à m’entraîner durant la semaine!« .

Ainsi, les samedis de match, le Martiniquais prend le vol du matin à Roissy jusqu’à Manchester où son entraîneur l’attend et fait office de taxi jusqu’à Rhyl, située à une centaine de kilomètres, avant d’effectuer le trajet retour le soir même. La semaine, il s’entraîne soit à Poissy, à Guyancourt ou seul « pour garder son niveau technique et athlétique« .

« Rhyl, c’est la campagne et il n’y a pas grand chose à faire: c’est mortel« . Alors, contrairement à ses équipiers qui vivent pour la plupart à Liverpool ou Manchester, il préfère rester auprès de ses proches, ce que ses partenaires « comprennent très bien« .

L’attaquant avoue débourser mensuellement entre « 1.000 et 1.500 euros en billets d’avion« . « Mais je n’ai pas à me plaindre car je gagne confortablement ma vie« .

De DSR à l’équipe de Martinique

Ancien directeur des ventes dans une entreprise de télécommunications, Steven Lecefel n’a jamais évolué en France plus haut qu’en division supérieure régionale (DSR), l’équivalent de la septième division, avec La Garennes-Colombes (Haut-de-Seine). Ayant des contacts avec le club de Barnet (4e division anglaise), il s’y engage quelques mois mais joue peu. Il atterrit alors à Hyde en cinquième division anglaise avant d’être repéré par Rhyl, champion du pays de Galles en 2004 et 2009 tout juste relégué en seconde division en raison de problèmes financiers.

« L’entraîneur m’a dit qu’ils allaient jouer la montée et qu’ils avaient besoin d’un joueur rapide, athlétique et avec une finition comme la mienne« , assure le Français.

Il semble avoir vu juste, car avec trois buts et une dizaine de passes décisives, l’attaquant n’est pas totalement étranger à la première place de Rhyl avec qui il a joué 20 des 26 matches de la saison. Et constitue l’un des chouchous du public: « C’est énorme quand tout le stade scande mon nom ou crie +Go ahead Frenchie+. Je suis très bien où je suis. »

Son entraîneur, Gregory Strong, ne tarit pas d’éloges pour ce joueur à « l’attitude et à l’engagement absolument fantastiques. Par le passé, nous avons essayé de faire signer des joueurs locaux qui n’avaient pas le même investissement que Steven, capable de voyager depuis la France pour jouer avec Rhyl. J’ai toujours dit que les gens qui travaillent durs et donnent le maximum méritent toutes les récompenses. Il les mérite. »

Comme cette sélection dans l’équipe de Martinique, emmenée par Frédéric Piquionne, avec laquelle il a atteint les demi-finales de la Coupe caribéenne des nations en décembre.

Le joueur espère que cette belle aventure va se poursuivre la saison prochaine en 1re division galloise, avec la perspective, en cas de titre, de disputer le tour préliminaire de la Ligue des champions, « un rêve d’enfant« .

David COURBET – AFP – 11 avril 2013

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Posted in: AFP, Sport