2e circonscription du 92 : tant que Yade l’espoir…

Posted on 9 juin 2012

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Face aux candidats socialistes et UMP, Rama Yade joue les trouble-fête. La vice-présidente du Parti radical veut incarner le renouvellement à droite. Mais peine à se défaire de l’image de dissidente auprès des Asniérois et Colombiens.

Face au socialiste et maire d’Asnières-sur-Seine Sébastien Pietrasanta, Rama Yade brigue la députation de la 2ème circonscription des Hauts-de-Seine, au dépend du candidat officiel investi par l’UMP, Manuel Aeschlimann (UMP) plus que mécontent.

  • SON PARCOURS. Née en 1976 à Dakar, Rama Yade arrive en France en 1987. Elle poursuit sa scolarité à Colombes (Hauts-de-Seine) dans un collège catholique, l’Institution Sainte Jeanne d’Arc. Elle vit avec sa mère et ses soeurs dans le quartier Bouviers puis le quartier des Fossés-Jean. Après son baccalauréat, et une prépa littéraire, elle intègre Sciences-po Paris en 1996. C’est durant ces années qu’elle obtient la nationalité française. Dès 2002, Rama Yade devient administrateur du Sénat, au sein de la commission des Affaires sociales. Elle passe même par la chaîne de télévision Public Sénat.
    En 2007, Rama Yade quitte le Sénat pour entrer au gouvernement et se voit nommée secrétaire d’Etat aux Droits de l’homme, puis aux Sports, au sein du gouvernement Fillon II. Elle quitte le gouvernement fin 2010, elle obtient ensuite un poste d’ambassadrice de France auprès de l’Unesco, dont elle démissionnera en juillet 2011. Fin 2010, Rama Yade rejoint aussi Jean-Louis Borloo au Parti radical valoisien. Elle en est désormais la vice-présidente. Parallèlement, elle est, depuis 2008, conseillère municipale à Colombes. Rama Yade n’a jamais reçu l’approbation des électeurs puisque dimanche sera sa première confrontation à une élection.
  • SES POINTS FORTS. A 35 ans, l’ancienne protégée de Nicolas Sarkozy a su profiter au maximum de la politique de discrimination positive promue par le candidat lors de la présidentielle de 2007. « Figure de la diversité », cet aspect, récurrent dans ses prises de position, lui est parfois reproché. Mais Rama Yade compte bien légitimer sa présence grâce à son CV, déjà bien étoffé : « Je connais par coeur les rouages administratifs de l’Etat et donc je saurai taper aux bonnes portes pour faire profiter la circonscription d’opportunités intéressantes. […] Il faut des députés capables de parler d’égal à égal avec les ministres et tel n’est pas le cas des élus actuels« , assure la candidate.
  • SES POINTS FAIBLES. Taxée de carriérisme par ses adversaires, l’ex-secrétaire d’Etat est d’abord accusée en fin d’année 2011 de plagiat dans son ouvrage Plaidoyer pour une instruction publique. A la même époque, l’ancienne benjamine du gouvernement Fillon II est radiée des listes électorale de Colombes en raison de sa domiciliation douteuse dans la commune (son appartement serait vide). Ce qu’elle rejette. Enfin, Rama Yade brigue face à Manuel Aeschlimann, député sortant, la 2e circonscription des Hauts-de-Seine. Ce qui n’est pas du goût de tout le monde. Et surtout pas du principal intéressé : « On sait très bien qu’elle est électrice à Paris, qu’elle habite à Garche, qu’elle a fait croire aux habitants de Colombes qu’elle habitait en ville alors que ça n’était pas le cas. Elle a été radiée par décision de justice. » Sans compter la bataille pestilentielle de tracts et d’accusations qui fait rage entre les deux candidats de droite.

SA STRATEGIE. Tout en descendant la politique locale de son adversaire socialiste, Rama Yade cible surtout son rival de droite Manuel Aeschlimann. Elle se considère elle comme la « candidate du renouveau ».

A lire aussi : les portraits de Mamuel Aeschlimann (UMP) et de Sébastien Pietrasanta (PS).

Les 11 autres candidats aux législatives dans la 2e circonscription: Manuel Aeschlimann (UMP), Mohamed Bentebra (Alliance écologiste indépendante), Philippe Goiset (Lutte ouvrière), Guillaume L’Huillier (Front National), Laurent Martin Saint Léon (Debout la république), Alix Maleyre (Centre national des index. et paysans), Bruno Olivier (Solidarité et progrès), Armelle Pertus (Nouveau parti anticapitaliste), Sébastien Pietrasanta (PS), Francis Pourbagher (Parti libéral démocrate), Jean-Michel Tarrin (Front de gauche)

David Courbet – Zoé Lauwereys – Baptiste Condominas – Seine Politique – 6 juin 2012

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Posted in: Article, CELSA, Politique