2e circonscription du 92 : l’UMP toujours en mode Manuel

Posted on 9 juin 2012

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PORTRAIT – Député sortant, Manuel Aeschlimann a reçu l’investiture officielle de l’UMP sur la circonscription Asnières-Colombes. Opposé au PS Sébastien Pietrasanta, il doit faire face à la présence de la dissidente et médiatique Rama Yade qui hypothèque ses chances de réélection.

Investi par l’UMP, l’élection de Manuel Aeschlimann n’aurait dû être une formalité en temps normal dans une circonscription acquise toujours à la droite sous la Ve République. Mais la partie s’annonce très difficile. Outre ses ennuis judiciaires que ses opposants n’oublient pas de rappeler, il doit faire face à la candidature dissidente de Rama Yade et un candidat socialiste qui lui a ravi la mairie d’Asnières-sur-Seine en 2008.

  • SON PARCOURS. Manuel Aeschlimann s’inscrit au RPR en 1987 où il « faisait partie des tout jeunes« . Ses études de droit et sa motivation lui permettent de se « faire remarquer pour entrer au conseil municipal d’Asnières deux ans plus tard« . Mais en 1992, suite à des désaccords avec l’équipe municipale, il est contraint de s’éloigner du RPR. Il se présente, la même année, lors des élections cantonales sous l’étiquette Génération écologie, un parti écologiste, plutôt situé à droite, créé sous l’impulsion de Brice Lalonde et … Jean-Louis Borloo. En 1994, il réintègre le conseil municipal d’Asnières en occupant le poste de premier adjoint sous l’étiquette divers droite.
    Élu conseiller général il accède enfin à la mairie en 1999 en tant qu’UDF avant d’intégrer, dès sa création, l’UMP en 2002. La même année, il remporte l’élection législative dans la 2e circonscription. Réélu haut la main en 2007 à 56,19% des voix, il chute lourdement un an plus tard en perdant la mairie d’Asnières face à une coalition PS-Modem-divers droite menée par le socialiste Sébastien Pietrasanta… qui entend bien renouveler son exploit dès dimanche.
  • SES POINTS FORTS. outre une expérience politique certaine (maire, conseiller général, député), il bénéficie d’un ancrage local indéniable. Né en 1964 à Asnières-sur-Seine, « j’y ai toujours habité » précise-t-il. Manuel Aeschlimann n’envisage pas le mandat d’élu local sans proximité au quotidien. « Ce dont je suis le plus fier, c’est d’avoir été aux côtés des Asniérois et Colombiens depuis le début de mes mandats, tout au long de l’année et pas seulement en période électorale. Être à leurs côtés, à leur écoute, à les recevoir, à les voir dans la rue et être disponible« . Malgré les difficultés rencontrées, notamment depuis sa condamnation pour favoritisme en 2009, il a su garder la confiance de l’UMP et rester la figure emblématique de la droite locale.
  • SES POINTS FAIBLES. dès 2007, la Chambre régionale des comptes d’Ile-de-France reproche au maire d’Asnières-sur-Seine « une situation financière délicate« . Deux ans plus tard, il se voit condamné en première instance à 18 mois de prison avec sursis, quatre ans d’inéligibilité et 20.000 euros d’amende pour favoritisme dans l’attribution d’un marché public, affaire remontant à 1998 et que ses adversaires n’oublient pas de rappeler. En appel, la Cour de Versailles a confirmé le jugement mais la peine d’inéligibilité à un an. Le député, qui s’est pourvu en cassation, tient pourtant à signaler que « les juges ont considéré qu’il n’y avait pas de détournement de fonds publics ni d’enrichissement personnel« .
    Le député a également brillé  par son absence à l’Assemblée nationale lors de ses deux législatures. Sur 42 mois de mandat, il y comptabilise 89 semaines d’activités, ce qui en fait l’un des plus mauvais élèves de l’hémicycle. Enfin, en perdant la mairie d’Asnières en 2008, Manuel Aeschlimann a vu sa légitimité sérieusement remise en question. Il ne cache pas que son « objectif reste la reconquête municipale en 2014 » à laquelle il se concentrera « aussitôt terminé les législatives, quelque soit le résultat« .
  • SA STRATEGIE. Bien qu’il revendique que son « adversaire, c’est Pietrasanta, le candidat de gauche » qu’il remercie de « faire une campagne respectueuse » à son égard, Manuel Aeschlimann n’a de cesse de concentrer ses attaques à l’encontre de Rama Yade. Persuadé d’affronter le socialiste au second tour, le député sortant appelle la dissidente investie par le parti radical à « retirer sa candidature« .

Un nouveau revers dimanche 17 juin, lui ôtant toute responsabilité politique, pourrait précipiter la fin de la carrière de Manuel Aeschlimann. Un scénario auquel il semble être préparé : « J’ai toujours veillé à avoir une activité professionnelle existante en parallèle, même si elle est en veilleuse, parce que je n’ai jamais voulu être dépendant moralement ni financièrement de la politique […] La politique c’est très aléatoire, si un jour on n’a plus envie d’en faire il faut pouvoir arrêter ou si les électeurs ne veulent plus de vous, il faut aussi ne pas être à la rue« .

Panorama sonore : interview de Manuel Aeschlimann

http://www.vuvox.com/collage_express/collage.swf?collageID=0599d0a524

A lire aussi : les portraits de Rama Yade (Parti radical valoisien) et Sébastien Pietrasanta (PS).

Les 11 autres andidats aux législatives dans la 2e circonscription: Mohamed Bentebra (Alliance écologiste indépendante), Philippe Goiset (Lutte ouvrière), Guillaume L’Huillier (Front National), Laurent Martin Saint Léon (Debout la république), Alix Maleyre (Centre national des index. et paysans), Bruno Olivier (Solidarité et progrès), Armelle Pertus (Nouveau parti anticapitaliste), Sébastien Pietrasanta (Parti socialiste), Francis Pourbagher (Parti libéral démocrate), Jean-Michel Tarrin (Front de gauche), Rama Yade (Parti radical)

David Courbet et Baptiste Condominas – Seine Politique – 6 juin 2012

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Posted in: Article, CELSA, Politique