Le combat continue à la maternité des Lilas

Posted on 11 janvier 2012

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Après l' »Opération poussettes » de mercredi, la mobilisation se poursuit toujours et encore à la célèbre maternité des Lilas (93). Faute de subventions de la part de l’Agence régionale de santé pour son agrandissement, l’avenir de l’établissement reste en sursis.

Sept mois de mobilisation, autant d’attente. Dans la cour de la maternité des Lilas, le visiteur est accueilli par des banderoles accrochées à la façade qui donnent le ton : « Collectif maternité des Lilas – pour reconstruire la maternité des Lilas aux Lilas ». Au-dessus, une autre appelle à « signer la pétition ». À 15h, une manifestation sous la forme d’un rassemblement de poussettes doit permettre au personnel mais également aux usagers de l’établissement d’exprimer leurs inquiétudes. Et de rappeler que l’Agence régionale de santé (ARS) de Seine-Saint-Denis n’a toujours pas validé le projet de reconstruction et d’agrandissement prévu depuis 2007.

La mobilisation se poursuit aux Lilas

Un « rapprochement » avec d’autres établissements

En décembre dernier, l’ARS confirmait débloquer prochainement les subventions nécessaires, à condition que l’établissement accepte un partenariat administratif avec d’autres hôpitaux. La maternité a accepté. « Nous réalisons déjà des partenariats avec d’autres établissements et sommes donc d’accord avec la dernière proposition de l’ARS » confirme Sarah Gueday du Collectif de soutien au personnel des Lilas.

Pour Bernard Kirschen, directeur territorial de l’ARS en Seine-Saint-Denis, la mise en œuvre du projet n’est qu’une question de semaines. Le temps que les « dernières négociations sur l’accord se finalisent d’ici janvier – février » précise-t-il. Le directeur territorial rappelle que son souhait premier constitue la « reconstruction et la pérennisation des Lilas » mais que ces objectifs ne peuvent fonctionner qu’à condition que s’effectuent « des partenariats avec un rapprochement de conseils d’administrations avec d’autres établissements hospitaliers ». Il écarte cependant toute « fusion » avec un plus grand groupe. « L’idée avait été proposée parmi beaucoup d’autres, mais a de suite été abandonnée suite aux vives protestations » affirme Bernard Kirschen.

Une lutte pour le service public

Mais le temps presse. L’établissement date de 1964, la vétusté et l’exiguïté de ses infrastructures ne lui permettent plus aujourd’hui d’accueillir les patientes dans des conditions optimales. « On fait ce qu’on peut avec ce qu’on a. Il manque des salles. Toutes les chambres ne sont pas équipées de sanitaires et ne sont pas toujours individuelles » souligne Sarah Gueday. La maternité, qui réalise 1700 accouchements et 1200 IVG par an, n’est plus en capacité de répondre à toutes les demandes et refuse certaines patientes. Ceci « alors que le département connaît le taux de natalité le plus élevé de France » s’inquiète la responsable du Collectif. Le projet d’agrandissement lui permettrait d’atteindre les 2500 accouchements par an et éviter ainsi que « certaines femmes partent à Montreuil ou en grande banlieue pour mettre au monde leur enfant ».

Le collectif souhaite que le projet d'agrandissement aboutisse rapidement

Même si le dénouement semble à présent en bonne voie, la maternité des Lilas restera mobilisée et vigilante jusqu’au bout. « Tant que rien ne sera signé, nous continuerons le combat » assure Madeline Da Silva, coordinatrice du Collectif des usagers de la maternité, tout en distribuant des tracts pour la manifestation de l’après-midi. Car les Lilas représentent plus qu’une simple maternité. Son identité s’est construite à travers le combat des femmes pour la libre disposition de leur corps, et ce depuis ses origines. « A travers cette bataille, nous défendons également les valeurs portées par les militantes qui, depuis la loi Weil, se sont battues pour leur liberté » témoigne Madeline Da Silva. Outre cette tradition de défense des droits des femmes, cet engagement s’inscrit également dans une lutte contre « la détérioration du système de santé en France qui touche non seulement les maternités mais qui s’insère dans une politique plus globale de casse du service public » rappelle-t-elle. Et quoi de mieux qu’une maternité pour porter ce combat pour un projet de vie meilleure ?

David COURBET – L’Humanitémercredi 11 janvier 2012

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