Démission : le web pleure son « Pauvre Job(s) »

Posted on 10 décembre 2011

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L’américain Steve Jobs vient d’annoncer sa démission de la direction générale d’Apple. Ce symbole du « self-made man », ce « créateur de génie » qui rassemble des cohortes de fans dans le monde entier, est salué dans de nombreux pays, et partout sur le Web. Mais les hommages oublient, à quelques exceptions près, de rappeler certains aspects négatifs de la personnalité du fondateur de la marque à la pomme.

L’emblématique fondateur et patron d’Apple vient d’annoncer la démission de ses fonctions exécutives à la tête de la juteuse entreprise, dont la capitalisation boursière s’élève à 346 milliards de dollars. Le Web pleure son départ, et les hommages au génie du marketing qu’a été Steve Jobs pleuvent.

Aux USA, le remplacement de Steve Jobs par le numéro deux d’Apple, Tim Cook, fait les gros titres. Le New York Times salue le personnage qui a révolutionné l’informatique: « Rarement une si grande entreprise et un domaine industriel n’aura été à ce point dominé par un seul individu avec autant de succès. »

Le Washington Post, de son côté, rend hommage à l’homme qui « à lui seul a changé la façon dont les gens du monde entier consomment la musique, Internet et même la télévision« , en ne manquant pas de rappeler qu’il a créé son entreprise « dans le garage de ses parents« . Sortez vos mouchoirs.Jobs est adulé même par les rock stars, comme bono, le chanteur de U2 picto Jobs Washington Post

Ce chantre de l’informatique symbolise en effet le mythe du « self-made man ».

Jobs Twitter Gross Sur son compte Twitter, l’entrepreneur américain Bill Gross écrit: « Steve Jobs, le super-héros du business, a changé la vie des gens du monde entier plus que n’importe quel homme d’affaires vivant« .

Homme au fort caractère, le fondateur d’Apple est également renommé pour ses petites phrases, que le Wall Street Journal s’empresse de (re)faire partager. « Nous réalisons les boutons sur l’écran de façon à ce que vous ayez envie de les lécher« , déclarait Jobs en 2000, manifestement sûr de sa réussite. Le blogueur spécialisé dans les nouvelles technologies Daring Fireball assure que « la plus grande création de Steve Jobs n’est pas un produit Apple, c’est Apple elle-même« .

Le site The Next Web rapporte les propos d’internautes qui rendent hommage à ce « créateur de génie », qui « n’est pas seulement l’individu le plus important dans le domaine technologique; mais la plus importante personne du capitalisme« , peut-on lire sur Twitter. Rien que ça. Jobs Twitter capitalisme

Les médias français ne tarissent pas non plus d’éloges pour le créateur de la marque à la pomme. LesEchos.fr parlent de « l’enfant prodige de la Silicon Valley » quand le site de L’Express préfère illustrer « 35 ans d’innovations » en photos, dont quelques image délicieusement vintage.

Le Figaro.fr de son côté publie un long article retraçant la biographie détaillée de l’inventeur de génie qui, tout jeune déjà, était « doté d’un certain culot » : « Steve Jobs était un phénomène, il devient une légende vivante. Jamais une entreprise n’aura autant reposé sur un homme« , poursuit le quotidien.

Figaro Jobs  Un semblant de critique apparait cependant quand le journal affirme que Jobs « se révèle être un redoutable cost-killer » qui a « la réputation de contrôler chaque mot des communiqués de presse, de tout décider lui-même jusqu’aux menus de la cafétéria« . Fin des remontrances.picto Le Figaro voit en Jobs le « Créateur »…

« Il aurait fait un excellent roi de France »

Pourtant, certaines critiques peuvent être émises à l’encontre de Jobs et ses méthodes quelques fois controversées. Peu nombreux sont ceux qui ont osé s’y risquer…

LePost.fr ose le comparer à un « dictateur » qui « laissera aussi l’empreinte d’un homme tyrannique et très autoritaire« , offrant par exemple à « ses équipes des t-shirts auréolés : «Je travaille 90 heures par semaine et j’aime ça.» » Un vrai adepte du travailler plus pour gagner plus. Voici relate également sur le net ses penchants autoritaires car « ce que Steve veut, Steve l’a, quitte à épuiser et à démoraliser des dizaines d’employés. «Il aurait fait un excellent roi de France», témoigne Jeff Raskins, le concepteur du Mac » souligne le site. Jobs Lepost

Quant au Monde.fr, il évite d’égratigner trop fortement l’américain et… modère son titre. Un premier article décrivait le « patron autoritaire et déroutant » qu’était Jobs. Or, quelques heures plus tard, le titre de l’article a été modifié (mais pas en Une du site) :

Steve Jobs - LeMonde.fr - 25/08/11… se transforme soudain en « génie déroutant » pour LeMonde.fr picto  pictoLe « patron autoritaire

et déroutant »…

Steve Jobs - LeMonde.fr - 25/08/11

Une critique d’Apple reste-t-elle possible au vu de l’influence et du poids de cette entreprise? A lire la presse française, cela semble peu probable. Les rares critiques émises s’arrêtent ainsi la plupart du temps au personnage de Jobs, même si Lemonde.fr souligne tout de même que les « choix technologiques » de la firme à la pomme ont souvent « fait polémique ». Hors de France, le Washington Post et le Guardian osent sortir de la ligne. Le quotidien américain énumère les ratés de quelques produits d’Apple. Une critique modérée en quelque sorte. En revanche, le Guardian a l’impertinence de rappeler non seulement les méthodes autoritaires de Jobs mais également sa chasse « pour un Internet propre de tout contenu pornographique« . Sans préciser si son positionnement à ce sujet était davantage moral que marchand.

L’occasion pour vous de replonger dans notre dossier consacré à Apple et ses méthodes.

par David Courbet – Arrêt sur Images – 25 août 2011

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