SOCIETE – Pressions sur la Presse – 1ère partie

Posted on 20 novembre 2011

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Après un long travail de recherche, lepetitjournal.com de Johannesbourg vous propose, sous la forme de 4 épisodes, d’étudier les atteintes à la liberté de la presse en Afrique du Sud, plus nombreuses qu’on ne le croit

La liberté d’expression est essentielle dans un régime qui se veut démocratique. La liberté de la presse est l’une de ses composantes. Souvent considérée comme un 4ème pouvoir, les médias, même libres, connaissent des pressions constantes émanant des instances dirigeantes. En Afrique du Sud, un air de censure plane ainsi dans différentes lois.

Les journalistes et leurs sources

Dans le pays de Mandela, les journalistes ont pour obligation professionnelle de ne pas divulguer leurs sources mais ils ne jouissent en réalité d’aucun cadre légal pour ce privilège. Comme tout un chacun, ils peuvent être cités à comparaitre et témoigner lors d’un délit criminel par exemple.

Après que le Bill of Rights (la déclaration des droits) est entré en vigueur en 1996, la validité de la section 205 de la Constitution a été contestée devant la Cour Constitutionnelle. Le juge Laurie Ackermann déclara que cette section restait valide uniquement dans le cas où la personne qui refuse de répondre à une question posée a une excuse valable. En 1999, le gouvernement ainsi que le South African National Editor’s Forum

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(Association de journalistes) tombèrent d’accord sur de nombreux points en permettant notamment aux journalistes de contester la section 205 devant la National Prosecuting Authority (Institution Judiciaire) avant d’être cités à comparaitre. Ceci dans le but de protéger leurs sources.

Deux journalistes cités à comparaitre

 Pourtant, cet accord a été ignoré en janvier 2010 après que la chaîne de télévision e-TV a filmé une interview montrant deux personnes non-identifiables. Ces individus affirmaient vouloir braquer des touristes pendant la Coupe du Monde et tirer sur les policiers qui tenteraient de les en empêcher. Deux journalistes de e-TV ont été cités à comparaitre pour divulguer le nom de ces personnes, ce qu’ils ont refusé de faire. Le commissaire divisionnaire de la police nationale, Bheki Cele, a alors décrit e-TV comme étant une chaîne « amie des criminels ». Nathi Mthethwa, Ministre de l’Intérieur, accusait la chaîne de télévision d’avoir commis un « acte diabolique ».

La SANEF, ainsi que le South African Press Council (Organe indépendant de journalistes défenseur de la liberté de la presse), ont protesté en alléguant que le ministère avait sur-réagi et qu’obliger les journalistes à divulguer leurs sources pourrait nuire à la liberté de la presse. La pression médiatique trop forte, l’homme ayant servi de lien entre les présumés coupables et les journalistes s’est suicidé, reprochant aux journalistes de l’avoir « mis dans cette merde ». e-TV a affirmé regretter profondément sa mort et qu’elle était à présent dans l’incapacité de fournir quelque information dans la mesure où l’homme avait été leur unique connexion avec les présumés criminels. Depuis, l’affaire a été enterrée.

Et pour suivre les prochains épisodes, c’est ici: partie 2partie 3partie 4

David Courbet – www.lepetitjournal.com/johannesbourg.html – lundi 15 novembre 2010

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