SCIENCES – La tête dans les étoiles…

Posted on 20 novembre 2011

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Sutherland, situé à 365 km au nord-est de Cape Town, abrite le plus grand télescope non seulement du continent africain mais aussi de tout l’hémisphère sud. Voici l’endroit idéal pour faire un petit tour à travers notre univers et s’évader quelques instants. Prêts à décrocher les étoiles ?


Bien que le sérieux soit de rigueur pour les scientifiques, ils font parfois preuve d’un esprit quelque peu farfelu et ont la tête dans les nuages. Ceci est particulièrement le cas pour les astronomes de l’observatoire du Southern African Large Telescope (SALT).

Le site, qui accueille déjà différents télescopes de plusieurs pays, a vu naître en 2005 SALT qui réunit les trois précédents observatoires d’Afrique du Sud en une seule superstructure. Etabli à Sutherland, dans la région semi-désertique du grand Karoo, à une altitude de 1.783m, les conditions d’observation astronomique y sont quasi-parfaites. En effet, il n’y a aucune grande ville à proximité, évitant ainsi les problèmes de pollution lumineuse mais aussi anthropiques (humaines). Le climat y est par ailleurs propice, le ciel étant dégagé 80% de l’année.


Au service de l’Afrique

 Construit sur le modèle du Télescope Hobby-Eberly au Texas, SALT, avec son miroir primaire de 11m, fait partie des plus performants au monde. En revanche, il n’a coûté ‘‘que’’ 30 millions de dollars, soit moins d’un cinquième du prix de ses semblables. Cela s’explique par une simplification poussée à l’extrême des éléments d’analyses et le choix des matériaux aux coûts les plus faibles. Un tiers a été payé par l’Afrique du Sud, le reste étant financé par un consortium de partenaires internationaux tels l’Allemagne, les Etats-Unis ou le Japon. SALT est doté d’appareils de spectroscopie, de polarimétrie et de photométrie de grande qualité. En parallèle, il sert également de station météorologique. La construction de SALT a été bénéfique pour l’économie du pays, offrant des programmes spécifiques pour l’éducation des jeunes aux sciences, de même que les opportunités de carrière qui en résultent. Enfin, le télescope se veut aussi être une vitrine pour le continent africain tout entier. Il apparaît aux yeux et lunettes (optiques ou non) de tous qu’il est grand temps que l’Afrique ne soit plus considérée comme le « trou noir » du monde.

 

Connaître le passé pour mieux appréhender le futur

La visite du site peut constituer une agréable sortie en famille, et qui plus est instructive ! Un musée accueille au préalable les visiteurs qui peuvent explorer les origines de l’Univers, de la Terre, de l’Homme, ainsi que leur avenir, pas toujours rose. Une fois la nuit tombée, profitez de l’occasion unique d’observer le ciel comme vous ne l’avez encore jamais vu ! Vous aurez accès au télescope et un astronome vous accompagnera lors de votre voyage aux confins de l’Univers.

(M83, une des plus proches et plus brillantes galaxies spirales du ciel, photo SALT foundation)

Vous comprendrez alors que l’étude astronomique est essentielle pour appréhender l’Histoire. En effet, en observant le ciel, on voyage dans le temps, dans le passé plus précisément. Grâce aux technologies de plus en plus perfectionnées, les scientifiques sont désormais capables de remonter jusqu’à la genèse de notre Univers et confirmer la théorie du « Big Bang » comme évènement originel. SALT a notamment permis au monde scientifique d’en connaître plus sur l’origine mais aussi l’évolution de notre galaxie, ainsi que le moment prévu de son extinction. D’autres questions restent en suspens comme la nature de la ‘‘matière noire’’ ou l’étude du fonctionnement du soleil, afin de concevoir et concrétiser des projets visant à reproduire son énergie, aussi propre qu’inépuisable, sur Terre.

Une entreprise folle ? Jamais assez pour des astronomes qui sont même capables de découvrir de l’eau sur la Lune !

David Courbet – (www.lepetitjournal.com/johannesbourg.htlm) – lundi 23 novembre 2009

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