POLITIQUE – Malema, le pyromane de l’ANC ?

Posted on 20 novembre 2011

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L’African National Congress (ANC), le parti présidentiel, connait des turbulences internes depuis plusieurs mois. Au centre de tous les débats, Julius Malema. Le président de la Ligue des Jeunes au sein de l’ANC est de plus en plus critiqué par son entourage qui condamne ses prises de positions jugées à la limite de l’acceptable

Des prises de positions qui mettent le feu aux poudres

Lors du dernier congrès du parti communiste sud-africain, Julius Malema, invité pour l’occasion, a été abondamment sifflé par le public. Surprise pour certains, dénouement logique pour les autres. Ses prises de positions, la plupart du temps très controversées, restent encore dans les esprits. Malema ne suit pas la ligne directrice de l’ANC. Le parti présidentiel a depuis longtemps combattu pour une Afrique du Sud unie, sans-race, non-sexiste et démocratique. Nelson Mandela en est l’incarnation parfaite. Dernièrement, Bobby Godsell, président du conseil d’administration d’Eskom (voir Eskom dans l’œil du cyclone), ou encore Jeremy Cronin, ministre des transports et membre du parti communiste sud-africain se firent traiter tout simplement de « racistes »par Malema. N’oublions pas non plus son argument pour défendre le Président Jacob Zuma soupçonné de viol : « elle [la supposée victime, NDLR] a eu du bon temps étant donné que le lendemain elle a réclamé un petit déjeuner et de l’argent pour payer le taxi ». En outre, nombreux sont ceux criant haro sur le comportement du personnage qui se veut défenseur des « classes populaires »tout en exhibant des vêtements de marque, les tout derniers modèles de voiture, et une généreuse bedaine.

Malema sur le ban de l’ANC

Désormais, beaucoup au sein même de l’ANC contestent son leadership. Lors de « l’affaire Caster Semenya »(la championne d’athlétisme dont le genre sexuel a été mis en question, NDLR), le parti l’a exclu de toute prise de décision, préférant former un groupe de discussion. Les leaders de l’ANC n’ont pas hésité non plus à le « descendre »publiquement en affirmant qu’il racontait des « conneries« à propos de Godsell. En effet, en sus de le qualifier de raciste, Malema avait abondamment critiqué Godsell lorsque ce dernier avait manifesté sa volonté de réintégrer le conseil d’administration d’Eskom. Les plus proches de Jacob Zuma, tel Zola Skweyiya, plusieurs fois ministre, sont consternés du comportement du leader de la Ligue des Jeunes. Et ils le font savoir. Car, si les prises de position de Malema n’engagent que ce dernier, elles nuisent à l’image du parti tout entier, qui doit faire face à des accusations de corruption de plus en plus aigües. Une coalition se forme à présent pour s’opposer à Malema, se présentant comme le « vrai » esprit du parti politique et cherche à l’évincer. A présent ils attendent l’aval du Président de la République qui n’a toujours pas donné son avis. En effet, Malema est son « poulain », prêt à se battre bec et ongles pour le défendre, quitte à « prendre les armes et tuer pour Zuma » comme il l’avait affirmé lors des accusations judiciaires de viol et de corruption dont faisait face l’encore vice-président de l’ANC. Or, il ne peut pas rester muet plus longtemps au risque de voir son parti tomber en décrépitude. S’il s’abstient, il mettra sa propre personne en danger, et pourrait voir son mandat, qui se termine en 2012, non renouvelé.

David Courbet (lepetitjournal.com/johannesbourg) lundi 4 Janvier 2010
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