AFRIQUE DU SUD/INTERVIEW– Pieter de Villers, ancien rugbyman du XV de France

Posted on 20 novembre 2011

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Parfois, les grands champions une fois leur carrière terminée, retournent sur leurs terres d’origine comme pour retourner à leurs racines. C’est le cas de Pieter de Villiers, ex rugbyman franco-sud africain du XV de France et du Stade Français, qui a accueilli Lepetitjournal.com au Cap pour faire le point sur son après carrière et donner son avis sur l’évolution actuelle du rugby

 

Depuis combien de temps êtes-vous revenu dans votre pays d’origine et pourquoi ?
Je suis en Afrique du Sud depuis début 2009. J’ai arrêté ma carrière il y a un an et demi, et je suis revenu au pays pour un projet professionnel dans l’immobilier avec mon frère. C’est un projet de long terme qu’il fallait lancer, et c’était la raison principale de mon retour ici. Egalement je me suis relancé dans le rugby mais en tant qu’entraineur dans un club local « les Villagers du Cap ».

Le rugby, c’est terminé pour vous ?
Je garde la forme en m’entrainant parfois avec le groupe, mais je ne joue plus. J’avais la chance de jouer à un certain niveau, mais aujourd’hui, c’est plus difficile de continuer sans se blesser, sans être usé physiquement … j’ai vécu de belles choses sportivement parlant, et j’ai préféré m’arrêter sur quelque chose de beau (NDLR : champion de France 2007 avec le Stade Français et vainqueur du Six Nations 2007).

Pouvez-vous nous parler de ce projet immobilier ?
C’est une ferme familiale en bord de mer sur la côte ouest au nord du Cap, dans le petit village d’Yzerfontein. Nous aménageons les terrains et nous voulons restaurer les vieux bâtiments de la ferme pour recréer une atmosphère particulière : production bio, restauration, endroits pour pique nique, animaux en liberté, équitation … Un esprit ferme à côté de la mer en résumé. C’est un projet qui me tient à cœur, car je retrouve mon frère que je n’ai pas beaucoup vu durant mes années rugby : il était à Londres, j’étais à Paris, et mener à bien ce projet professionnel avec lui me plait énormément.

Souhaitez vous vous implanter définitivement en Afrique du Sud ?
Nous aimons bien voyager ma femme et moi, nous ne sommes pas des casaniers. Mais là nous avons un projet qui va nous occuper pour pas mal de temps. Mes parents possèdent aussi un vignoble ici dans lequel j’ai grandi. J’étais représentant de ce vignoble en France, j’importais ce vin et je le distribuais. Aujourd’hui, même si je suis moins impliqué car leur réseau de distribution est bien implanté, je suis toujours le relais des particuliers. N’importe comment mon avenir s’inscrit en Afrique du Sud. Après qui sait ?

Et au rugby, les Sud Africains sont plutôt vins ou bière ?
(rires) Que ce soit ici ou en France, je crois que le rugby est un sport ou on aime bien partager la troisième mi temps et fonder des amitiés autour. La professionnalisation du sport n’a pour moi pas changé cet esprit de fraternité autour du rugby, et cette camaraderie que j’ai toujours appréciée durant toute ma carrière.

Votre cœur balance entre équipe de France et d’Afrique du Sud ?
J’ai beaucoup d’amis en équipe de France, j’ai vécu 13 ans là-bas et tous mes souvenirs rugby de haut niveau sont en France, c’est donc avec beaucoup de chaleur que je vous parle de ce pays et de cette équipe qui fait partie grandement de ma vie. J’ai rencontré les Sprinboks un peu avant le match France-Afrique du Sud, puisqu’ils m’avaient sollicité pour quelques conseils afin de renforcer leur mêlée. Je suis également concerné par cette équipe qui émane de mes racines et qui reste celle de mon pays d’origine. Après en tant qu’entraineur de rugby, j’essaie d’avoir un regard critique avant d’être un supporter.

Auriez-vous un conseil à donner à la formation française, vous qui avez l’expérience de la formation et des méthodes sud-africaines ?
La formation française est plus « naturelle »je pense : le rugby y reste un jeu, on joue à la balle et on s’amuse. Dans les pays anglosaxons, le rugby est plus ordonné avec des exercices plus spécifiques et encadrés. Une chose est importante pour la France : il faudra bien protéger ses talents et leur permettre de progresser, car aujourd’hui, de plus en plus de joueurs veulent jouer en France. Si la formation des jeunes est délaissée, cela peut être un problème pour l’avenir.

Un favori pour la prochaine coupe du Monde en 2011 en Nouvelle Zélande ?
Je crois que les gros seront là, ça va être difficile pour l’Afrique du Sud car tout le monde va les attendre. La France a souvent fait figure d’épouvantail, et j’espère que ça va s’arrêter et qu’elle pourra espérer mieux que ce statut! Les All Black courent après un titre majeur depuis 1987, et auront le bénéfice d’avoir la Coupe du Monde sur leur territoire, ce sont donc forcément les favoris. Mais c’est encore loin, et tellement de choses peuvent arriver d’ici là …

Propos recueillis par Alexandre Capron et David Courbet – lepetitjournal.com/johannesbourg.html – jeudi 21 janvier 2010

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